It’s revolution baby?!

Il en vous a pas échappé que quelques tensions agitent le monde et même le français moyen commence à serrer fortement ses dents et ses fesses face à sa propre société/gouvernance et l’horizon qui s’offre à lui. Ce n’est tout de même pas super étonnant, on est dans une grosse désillusion collective du SDF à l’ISF, peut-être est-ce même pour cela que les 80s —période de fric abondant et d’insouciance— sont trop à la mode. Mais là c’est une réflexion plutôt “long shot”…

La gravité du sujet est autre.
Ce matin en opérant une revue de presse “professionnelle” je suis tombé sur plusieurs news qui vont dans le même sens : le problème des ressources n’a jamais été aussi préoccupant et palpable, ceci expliquant de manière sourde les troubles qui font trembler les sociétés (on appelle ça le “cause à effet”, you know…). Blé l’été dernier, pétrole, eau en général, poissons, tout cela connecté aux changements climatiques… l’accès à ces ressources est sur le point de devenir dramatique et l’on revient à des niveaux d’inégalité face au “vital” un peu partout dans le monde qui rappellent… 1789 dans certains cas !

Ceci est un message de la sécurité alimentaire : accrochez donc vos ceintures !

La retraite de l’intelligence

Je trouve phénoménale la manière dont on va nous faire passer la réforme n°366543 de la retraite. Avec une super méthodo et un discours fort : les riches et les favorisés —aussi— vont payer (sic). Et toi pendant ce temps, français moyen d’en-haut ou d’en-bas, à aucun moment on s’est demandé si toi —aussi— tu allais être épargné ou non.

Tu vas te prendre 3 ans de travail en plus dans le cul au moment où plus aucun employeur ne voudra de toi et que ton corps marquera le pas. Tu pourras alors te consoler, entre 2 visites chez ton généraliste prescripteur de molécules qui coupent la colère, en pensant que les riches et les favorisés auront en contrepartie quelques pleins pour remplir le réservoir de la BMW en moins. Toujours confortablement assis dans un miracle de sécurité passive, tu pourras les regarder passer de ton trottoir et continuer de rêver.

Car rien n’a vraiment changé depuis le 19ème siècle.

Une expérience de la biodiversité…

Je rebondis sur les publications à propos de la situation des abeilles propulsées sur le tumblr du célèbre Mike pour parler de ce que je connais de la biodiversité.

Dans une vie antérieure j’étais conseiller municipal délégué au développement durable dans une petite commune plutôt “rur-” que “-baine” de Seine et Marne. Dans ce cadre là j’ai eu le plaisir de travailler sur un projet de gestion différenciée des espaces verts, à l’aide de la Maison de l’Environnement du coin et de son naturaliste éclairé. La biodiversité a, parait-il, longtemps été le parent pauvre du développement durable. Mais c’est aussi, peut-être, un des premiers enjeux écologiques accessibles à un niveau local.

Un projet de gestion différenciée consiste grosso à mieux prendre en compte le cycle de vie de la flore et la faune qui en découle. Pour cela on rend la fauche d’une partie des espaces verts “tardive” (une seule fauche en septembre et non pas régulièrement du printemps à l’automne). On laisse donc pousser les plantes qui ont le temps d’ensemencer à tout-va puis d’offrir un habitat aux insectes qui attirent eux-mêmes des prédateurs etc, etc… Ca consolide donc la biodiversité dans son ensemble -car c’est un ensemble, il ne s’agit pas juste de petites fleurs- ; c’est la fête du slip de la nature (si vous me permettez l’expression).

Je ne vais pas faire ici l’apologie de cette expérience, juste relater à quel point un des ennemis stratégiques de la biodiversité est la peur de… la nature !

Quand ils ont un jardin ou qu’ils vivent dans une zone rurbaine les gens sont habitués à une certaine esthétique de la nature. Plantes ornementales, gazon ras, etc… et le moins de bestioles possibles pour les déranger. Les naturalistes appellent même cela avec humour les jardins Seveso (rapport aux phytosanitaires). Alors un espace vert où les plantes et les “mauvaises herbes” (OMG des orties !!!) prennent leur aise, c’est interprété comme du laisser-aller de la part d’une mairie.

Au-delà de l’esthétique se pose ensuite le problème de la biodiversité en soi. Il suffit qu’un serpent soit vaguement repéré par un promeneur parano pour qu’un vent de psychose se lève et que les gens parlent du danger mortel encouru par leurs chères têtes blondes qui profitent des hautes herbes où les attendent des vipères assassines et vicieuses. Tout l’inconscient collectif s’emballe alors et “crie au loup” (ou à l’ours, comme dans les Pyrénées)…

Résultat ceux qui vivent à proximité des zones “sauvages” le vivent mal, ceux qui viennent s’y promener adorent. Tout ça pour dire que, comme pour beaucoup d’autres choses, la biodiversité c’est bien mais plutôt quand c’est chez le voisin… Bref, l’écologie a encore du chemin à parcourir dans l’esprit du français moyen.