Vous n’aimez pas les méduses ? Adoptez un corail !!!
Via GreGDurablement sur twitter et futura-sciences.
Je rebondis sur les publications à propos de la situation des abeilles propulsées sur le tumblr du célèbre Mike pour parler de ce que je connais de la biodiversité.
Dans une vie antérieure j’étais conseiller municipal délégué au développement durable dans une petite commune plutôt “rur-” que “-baine” de Seine et Marne. Dans ce cadre là j’ai eu le plaisir de travailler sur un projet de gestion différenciée des espaces verts, à l’aide de la Maison de l’Environnement du coin et de son naturaliste éclairé. La biodiversité a, parait-il, longtemps été le parent pauvre du développement durable. Mais c’est aussi, peut-être, un des premiers enjeux écologiques accessibles à un niveau local.
Un projet de gestion différenciée consiste grosso à mieux prendre en compte le cycle de vie de la flore et la faune qui en découle. Pour cela on rend la fauche d’une partie des espaces verts “tardive” (une seule fauche en septembre et non pas régulièrement du printemps à l’automne). On laisse donc pousser les plantes qui ont le temps d’ensemencer à tout-va puis d’offrir un habitat aux insectes qui attirent eux-mêmes des prédateurs etc, etc… Ca consolide donc la biodiversité dans son ensemble -car c’est un ensemble, il ne s’agit pas juste de petites fleurs- ; c’est la fête du slip de la nature (si vous me permettez l’expression).

Je ne vais pas faire ici l’apologie de cette expérience, juste relater à quel point un des ennemis stratégiques de la biodiversité est la peur de… la nature !
Quand ils ont un jardin ou qu’ils vivent dans une zone rurbaine les gens sont habitués à une certaine esthétique de la nature. Plantes ornementales, gazon ras, etc… et le moins de bestioles possibles pour les déranger. Les naturalistes appellent même cela avec humour les jardins Seveso (rapport aux phytosanitaires). Alors un espace vert où les plantes et les “mauvaises herbes” (OMG des orties !!!) prennent leur aise, c’est interprété comme du laisser-aller de la part d’une mairie.
Au-delà de l’esthétique se pose ensuite le problème de la biodiversité en soi. Il suffit qu’un serpent soit vaguement repéré par un promeneur parano pour qu’un vent de psychose se lève et que les gens parlent du danger mortel encouru par leurs chères têtes blondes qui profitent des hautes herbes où les attendent des vipères assassines et vicieuses. Tout l’inconscient collectif s’emballe alors et “crie au loup” (ou à l’ours, comme dans les Pyrénées)…
Résultat ceux qui vivent à proximité des zones “sauvages” le vivent mal, ceux qui viennent s’y promener adorent. Tout ça pour dire que, comme pour beaucoup d’autres choses, la biodiversité c’est bien mais plutôt quand c’est chez le voisin… Bref, l’écologie a encore du chemin à parcourir dans l’esprit du français moyen.