Il en vous a pas échappé que quelques tensions agitent le monde et même le français moyen commence à serrer fortement ses dents et ses fesses face à sa propre société/gouvernance et l’horizon qui s’offre à lui. Ce n’est tout de même pas super étonnant, on est dans une grosse désillusion collective du SDF à l’ISF, peut-être est-ce même pour cela que les 80s —période de fric abondant et d’insouciance— sont trop à la mode. Mais là c’est une réflexion plutôt “long shot”…
La gravité du sujet est autre.
Ce matin en opérant une revue de presse “professionnelle” je suis tombé sur plusieurs news qui vont dans le même sens : le problème des ressources n’a jamais été aussi préoccupant et palpable, ceci expliquant de manière sourde les troubles qui font trembler les sociétés (on appelle ça le “cause à effet”, you know…). Blé l’été dernier, pétrole, eau en général, poissons, tout cela connecté aux changements climatiques… l’accès à ces ressources est sur le point de devenir dramatique et l’on revient à des niveaux d’inégalité face au “vital” un peu partout dans le monde qui rappellent… 1789 dans certains cas !
Ceci est un message de la sécurité alimentaire : accrochez donc vos ceintures !
Je pourrais VIANDE ne pas commenter ce lien VIANDE tellement l’intitulé de l’offre d’emploi VIANDE vers laquelle il redirige -et renseigné en lettres capitales VIANDE- est une oeuvre d’art VIANDE en soi. Mais c’est plus fort que moi VIANDE, ça fait vagabonder mon esprit comme une vache folle VIANDE dans les prés VIANDE…
Hier soir, au lieu de twuncher, je me suis rendu à une réunion du citygroup de Clermont où intervenait Claude Pétiot le porte-parole de la confédération paysanne du Puy-de-Dôme. Je précise que je n’adhère pas au PS. ;)

Crédit image : notreauvergne.com (trop fort le mec qui a trouvé cette idée :))
L’agriculture est un sujet Ô combien complexe et vaste, ce qu’a confirmé hier un homme qui préfère se définir comme paysan plutôt qu’exploitant. Je n’ai aucune prétention de connaissance en la matière mais voici ce que j’en ai retenu pêle-mêle :
- il n’y a pas un métier d’agriculteur mais bien des multitudes de métiers et de situations diverses en fonction des filières (laitière, céréalières, ovins, etc)…
- c’est un secteur où la FNSEA a tout pouvoir -surtout financier- de par ses nombreuses prises de participation à bien des niveaux dans le secteur. Mais tout est légitime puisqu’ils sont élus comme Jean dans les Hauts de Seine (un exemple au hasard)…
- c’est un secteur de + en + inégalitaire (loi du marché, individualisme) que la PAC et l’Europe ne soutiennent pas vraiment intelligemment.
- c’est un secteur dans lequel on ne peut donc révolutionner du jour au lendemain les pratiques -par exemple le passage au bio- et où l’éducation donnée aux futurs agriculteurs joue un rôle essentiel (c’est même le nerf de la guerre pour changer les pratiques).
- c’est un secteur où des lois et des réglementations existent mais qui sont commodément contournées ou bafouées à loisir par les plus gros. Car plus on est gros, plus on a de loisirs (si je puis dire…) et les petits ont intérêt à ne pas la ramener.
Et quelques “anecdotes” :
- un agriculteur qui s’installe “from scratch” aujourd’hui doit vraisemblablement attendre 25 ans avant d’avoir ses premiers “ROI” (c’était 15 ans il y a une dizaine d’années)… De plus la reprise d’activités existantes n’est pas aisée.
- dans certaines exploitations du Puy-de-Dome -qui relèvent plus de l’industrie- une pomme peut recevoir 23 traitements phytosanitaires différents. On touche là du doigt l’absurde… L’Espagne est apparemment à la pointe dans ce domaine.
- le prix du lait dans le Jura est 2* élevé que dans le Cantal alors que l’on a 2 configurations similaires (filières liées aux fromages AOC). C’est l’effet Chantal ?
- les AMAP c’est bien mais ça devient un peu le fouillis. D’une AMAP à l’autre ça peut être la nuit et le jour en terme de qualité (bio, non-bio) et de prix (en tous cas dans le 63).
Au final la complexité du système agricole en devient même effrayante vu le nombre de facteurs et d’institutions qui entrent en jeu. Bref c’est pas gagné…